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L'équipe de France de judo a achevé dimanche les Mondiaux de Rio de Janeiro comme elle les avait commencés, avec une médaille de bronze, ou plutôt trois, puisque Frédérique Jossinet (-48 kg), Mathieu Bataille et Anne-Sophie Mondière (toutes catégories) ont décroché la troisième place, ce qui porte à huit le total des médailles tricolores au Brésil. De très bon augure à moins d'un an des JO de Pékin, pour lesquels les Bleus ont déjà décroché leur qualification dans sept catégories sur quatorze. L'échec d'Athènes semble bien digéré...

Frédérique Jossinet exulte après avoir décroché le bronze (Reuters).
Au lendemain d'une journée de samedi blanche, avec aucune médaille pour ses quatre représentants, l'équipe de France de judo a donc repris ses bonnes habitudes dimanche pour décrocher trois breloques supplémentaires, toutes de bronze, portant son total final sur la compétition à huit, ce qui en fait la troisième nation de ces Mondiaux, derrière le Japon et le Brésil. Une satisfaction pour des Bleus sortis meurtris des Jeux d'Athènes il y a trois ans avec une unique médaille, celle en argent remportée en moins de 48 kg par Frédérique Jossinet.

En Grèce, la Francilienne avait vu ses rêves de Graal olympique se heurter à la boulimique Ryoko Tamura (devenue Tani depuis son mariage avec une des stars du baseball nippon, Yoshitomo Tani), ironie du sort, c'est encore cette diable de Tamura qui a stoppé net la marche de la Française à Rio de Janeiro. Trois ans après avoir mis sa carrière entre parenthèses au lendemain de son deuxième titre olympique consécutif, pour mettre au monde un petit Yoshiaki, l'idole du peuple japonais a réussi un retour triomphant sur les tatamis, puisque non contente de dominer Frédérique Jossinet au terme d'un combat acharné et finalement remporté au «golden score» sur un koka, la judokate de poche a ensuite sorti la Chinoise Chugen Wu, la quadruple championne d'Europe roumaine Alina Dumitru, avant de s'imposer difficilement en finale face à la tenante du titre, la Cubaine Yanet Bermoy, pour remporter au Brésil le septième titre mondial de sa carrière!

A 32 ans, Tamura-Tani semble toujours aussi rapide et précise, elle qui rêve désormais d'achever sa carrière sur un troisième titre olympique de suite, dans un an à Pékin. Comme un symbole, sa victoire dimanche a permis au Japon de largement sauver la face, puisque sans doute galvanisés par l'exemple de leur compatriote, Yasuyuki Muneta et Maki Tsukada vont tous les deux dans la foulée décrocher le titre en toutes catégories, permettant à la délégation nipponne, qui n'avait jusqu'à ce jour pas remporté la moindre médaille d'or, de terminer les Mondiaux avec trois couronnes et du coup en tête du bilan de la compétition.

Sept tickets olympiques

Frédérique Jossinet, qui a su remarquablement «remette le bleu de chauffe» après sa défaite face à Tamura-Tani pour aller chercher la médaille de bronze, sait qu'elle va encore devoir travailler d'arrache-pied pour espérer priver à Pékin sa rivale d'un inédit triplé. Sa médaille récompense en tout cas sa régularité au plus haut niveau, on pourrait en dire autant pour Anne-Sophie Mondière qui, après sa cinquième place jeudi en plus de 78 kg, a cette fois remporté sa «petite finale»: surprise en demi-finale par la Slovène Lucija Polauder, la native de Roanne, l'une des plus légères des engagées (83 kg), a en effet dominé la Cubaine Idalys Ortiz pour s'offrir une belle médaille de bronze.

Même sort pour Matthieu Bataille chez les hommes: battu en quarts par le futur champion du monde japonais, Yasuyuki Muneta, le licencié de Levallois est sorti médaillé des repêchages, avec un ultime combat gagné sur immobilisation face au Brésilien Daniel Hernandes. De quoi achever en beauté ces Mondiaux pour l'équipe de France, qui grâce à ses huit médailles, mais également à la cinquième place de Mondière en +78, se qualifie pour les Jeux de Pékin dans sept catégories sur quatorze (pour cela, il fallait finir à Rio parmi les cinq premiers, les toutes catégories n'étant plus au programme olympique). Les autres tickets se disputeront lors des prochaines échéances internationales, mais une chose est certaine: l'échec d'Athènes appartient bien au passé...